Arthrose du genou : comment retarder la prothèse ? Les traitements conservateurs qui marchent
L’arthrose du genou (gonarthrose) correspond à l’usure progressive du cartilage. Elle n’est pas guérissable, mais ses symptômes peuvent être nettement améliorés et l’évolution ralentie grâce à des traitements non chirurgicaux bien conduits. L’objectif est clair : soulager la douleur, maintenir la mobilité et retarder le plus possible le recours à une prothèse de genou.
Voici les moyens conservateurs les plus efficaces.

1. Perte de poids et activité physique : le traitement le plus puissant
À chaque pas, votre genou ne supporte pas seulement votre poids. Il subit en réalité une force 2,5 à 4 fois plus importante.
Pourquoi ?
Mettez-vous un instant à la place de votre genou. Au-dessus de lui, il y a une longue perche (le fémur), et tout en haut de cette perche est suspendue une masse (votre corps) qui oscille à chaque pas. La distance entre la hanche et le genou agit comme un levier : plus cette distance est longue et plus la masse bouge, plus la force qui s’exerce sur le genou est multipliée. C’est pourquoi, à chaque pas, l’articulation subit non pas une fois, mais 2,5 à 4 fois le poids du corps.
C’est pour cette raison que chaque kilo en trop pèse lourd sur un genou arthrosique. Mais c’est une excellent nouvelle car, à l’inverse, perdre 1 kg de poids corporel allège le genou de 2 à 4 kg à chaque pas ! En 1000 pas cela fait 2 à 4 Tonnes en moins !
C’est l’un des traitements le plus simple et le plus efficace du traitement conservateur de l’arthrose du genou.
Les étude montrent qu’une perte de poids même modérée (5 à 10 % du poids initial) réduit significativement et systématiquement la douleur et améliore la fonction.
L’activité physique adaptée (marche, vélo, natation, renforcement du quadriceps) est indispensable. Ce n'est pas dangereux il faut juste être régulier et progressif. Il est possible de "dé-sensibiliser" le genou. La kinésithérapie accompagne efficacement ces efforts en restaurant force, stabilité et proprioception.
Ces mesures hygiéno-diététiques constituent le socle de tout traitement de l’arthrose du genou. Elles sont recommandées par l’Assurance Maladie et les sociétés savantes.
2. Traitements médicamenteux
Le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) en cures courtes soulagent les poussées douloureuses. Les gels anti-inflammatoires locaux sont souvent bien tolérés. Ces traitements agissent uniquement sur les symptômes et n’ont aucun effet structurel sur le cartilage.
3. Les infiltrations intra-articulaires du genou
Les infiltrations sont proposées lorsque les mesures de base et les médicaments oraux ne suffisent plus. Voici un comparatif synthétique des trois options principales utilisées en France.
Type d’infiltration | Avantages | Inconvénients | Effet espéré |
Corticoïdes | Action rapide (2-7 jours). Bonne efficacité sur douleur et inflammation. Remboursées. | Toxiques pour le cartilage si répétées. Effet temporaire. Limitées à 3/an. Possible hausse de glycémie. Risque rare d’infection, chondrolyse rapide. | Soulagement net et rapide de la douleur pendant quelques semaines à quelques mois. Idéales en poussée ou arthrose avancée, à faibles doses. |
Acide hyaluronique (viscosupplémentation) | Bonne tolérance. Action lubrifiante. | Non remboursé depuis 2017. Effet plus lent (2-4 semaines). Efficacité variable et en moyenne modeste. Réactions locales possibles. | Amélioration de la douleur et de la fonction chez une partie des patients, surtout en arthrose légère à modérée. Effet purement symptomatique. |
Plasma riche en plaquettes (PRP) | Action anti-inflammatoire « naturelle ». Données favorables en arthrose légère à modérée. | Non remboursé. Coût à la charge du patient. Nécessite une bonne technique (le PRP doit être très concentré 10 milliard plaquette, au moins 2 injections etc) | Amélioration de la douleur et de la fonction pendant 6 à 12 mois (parfois plus) chez une proportion significative de patients en arthrose peu à moyennement évoluée. |
4. Aides techniques et orthèses
Une canne du côté opposé au genou douloureux diminue la charge articulaire. Une genouillère de décharge unicompartimentale peut soulager en cas d’arthrose localisée à un seul compartiment. Des semelles orthopédiques amortissantes ou correctrices sont parfois utiles.
Ces aides restent complémentaires et ne remplacent jamais le travail musculaire et la perte de poids.
Quand discuter d’une prothèse de genou ?
La prothèse (totale ou partielle) se discute lorsque les douleurs et la limitation fonctionnelle restent importantes malgré un traitement conservateur bien conduit et correctement suivi. La décision se prend en fonction de l’intensité des symptômes, du retentissement sur la qualité de vie et des données radiographiques, dans le cadre d’une discussion partagée entre le patient et le chirurgien.
Important
Cet article a un caractère purement informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis médical personnalisé et ne remplace en aucun cas une consultation. Chaque situation est unique. Seul un examen clinique et radiologique permet d’orienter le traitement le plus adapté.
Sources principales : recommandations HAS / Assurance Maladie, données de la littérature orthopédique et rhumatologique sur les forces articulaires et les infiltrations : Consensus européen ESSKA-ORBIT 2024 Laver L, Filardo G, Sanchez M, Magalon J, Tischer T, Abat F, et al. The use of injectable orthobiologics for knee osteoarthritis: A European ESSKA-ORBIT consensus. Part 1—Blood-derived products (platelet-rich plasma). Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy. 2024 DOI: 10.1002/ksa.12077
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