Comment choisir son chirurgien ?
- guillaumerigoulot
- 4 juin
- 2 min de lecture
Choisir le chirurgien qui posera votre prothèse de hanche/genou ou réparera votre ligament est une décision importante. Ces chirurgies, bien que très codifiées, restent des interventions majeures dont le résultat dépend en grande partie de l’expérience et de l’expertise du praticien.
Aux États-Unis, des sociétés savantes reconnues comme l’American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS) et l’American Association of Hip and Knee Surgeons (AAHKS) publient régulièrement des recommandations détaillées pour aider les patients à choisir leur chirurgien. En France, il n’existe pas de guide officiel équivalent destiné aux patients.
Voici plusieurs critères objectifs, inspirés des bonnes pratiques internationales, qui peuvent vous permettre de faire un choix éclairé.

1) Vérifier la formation et la spécialisation
Un chirurgien orthopédiste expérimenté possède :
Un Diplôme d’Études Spécialisées (DES) de chirurgie orthopédique et traumatologique.
Une expérience professionnnelle dans des centres de références (gros volumes d'opération, hyper-spécialisation).
Une accréditation par la Haute Autorité de la Santé.
N’hésitez pas à interroger le chirurgien sur sa formation spécifique dans ce domaine. Une surspécialisation et une pratique majoritairement orientée vers un domaine ou une articulation sont généralement des gages de compétence.
2) Renseignez-vous sur le volume d’activité
De nombreuses études internationales montrent que le nombre d’interventions réalisées chaque année est fortement corrélé à de meilleurs résultats (moins de complications et meilleure longévité des implants).
3) Évaluez la qualité de l’établissement
Le résultat dépend aussi de l’environnement dans lequel le chirurgien exerce :
L’établissement est-il certifié par la Haute Autorité de Santé ?
Dispose-t-il d’une équipe d’orthopédie et d'anesthésistes structurée ?
Comment est organisée la prise en charge des complications et le suivi post-opératoire ?
Le chirurgien est-il facilement joignable en post-opératoire ?
4) Observez la qualité de la relation et de la communication
Au-delà des compétences techniques, la relation de confiance est essentielle. Un praticien de qualité doit :
Prendre le temps de vous écouter.
Expliquer de manière claire les bénéfices, les risques et leurs conséquences, mais aussi les alternatives.
Répondre à vos questions sans vous sentir pressé.
Vous associer à la décision thérapeutique.
Il ne faut pas uniquement choisir un chirurgien pour les moments faciles. Il faut aussi choisir un chirurgien pour les moments difficiles. En cas de complication, beaucoup d'écoute, de patience et de pédagogie seront nécessaires.
5) Conseils pratiques
Pour vous aider dans votre choix, vous pouvez :
Préparer une liste de questions avant la consultation (volume d’activité, expérience des techniques, organisation du suivi, etc.).
Demander un second avis : cette démarche est tout à fait légitime et souvent recommandée.
Vérifier les informations disponibles sur le site du chirurgien ou de l’hôpital (formations, publications, activités scientifiques).
Consulter l’annuaire de l’Ordre des Médecins pour confirmer les qualifications du praticien.
En résumé
Même en l’absence de recommandations officielles françaises spécifiques, il est possible de s'inspirer des recommandations américaines en s'appuyant sur des critères objectifs et de bon sens commun : la formation et la spécialisation, le volume d’activité, l’expérience des techniques modernes, la qualité de l’établissement, la qualité de la communication...
Prenez le temps de rencontrer un ou deux chirurgiens, posez vos questions et choisissez celui avec qui vous vous sentez en confiance pour vous accompagner tout au long du parcours, y compris après l’intervention.
Dr Guillaume RIGOULOT
Commentaires