Prothèse Totale de Hanche : Quand et Comment décider de l’opération ?
- guillaumerigoulot
- il y a 5 heures
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Vous ressentez des douleurs à la hanche qui vous empêchent de vous balader normalement dans Paris, de monter les escaliers du métro ou de profiter pleinement de votre vie quotidienne ? Vous vous interrogez sur le moment opportun pour une prothèse totale de hanche (PTH) ? Quand et comment décider de l'opération ? Cette décision importante se prend toujours de manière personnalisée, après une évaluation complète.
Dans cet article, je réponds de façon pédagogique et factuelle aux questions que posent le plus souvent les patients. L’objectif est de vous aider à mieux comprendre les critères médicaux, sans jamais remplacer une consultation individuelle.
1. Comment savoir si mes douleurs viennent bien de la hanche (et pas du dos ou du genou) ?
C’est une question très fréquente, car les douleurs de hanche peuvent « irradier » et tromper. Les douleurs typiques de la hanche (coxarthrose) se situent :
Au pli de l’aine (le plus caractéristique)
À la face antérieure ou interne de la cuisse
Parfois dans la fesse ou, plus rarement, projetées vers le genou

Elles sont mécaniques : elles augmentent à l’effort (marche, escaliers, station debout prolongée), s’améliorent au repos et ne réveillent généralement pas la nuit (sauf dans les formes très avancées). Il existe souvent un « dérouillage » matinal court (quelques minutes).
En revanche, les douleurs lombaires (dos) sont souvent :
Localisées dans le bas du dos
Présentes la nuit ou au repos
Accompagnées de raideur lombaire ou de signes neurologiques (sciatique, cruralgie)
Le genou peut parfois « parler » à la place de la hanche (douleur projetée), mais l’examen du genou est alors normal.
Comment faire la différence ?
Un examen clinique précis (mobilité de la hanche, rotations internes limitées et douloureuses, tests spécifiques) combiné à des radiographies du bassin et des hanches permet le plus souvent de confirmer l’origine.
Dans les cas où le doute persiste malgré l’examen et les radiographies (douleurs mixtes hanche + dos, irradiation atypique vers le genou, ou tableau clinique peu typique), un test infiltratif diagnostique peut être proposé.
Il s’agit d’une injection d’un anesthésique local (généralement de la Naropéine ou ropivacaïne) directement dans l’articulation de la hanche, sous contrôle radiographique ou échographique. Si les douleurs diminuent fortement ou disparaissent pendant la durée d’action de l’anesthésique, cela constitue un argument important en faveur d’une origine hanche. Ce test est un outil sûr et utile lorsqu’il est nécessaire de confirmer le générateur de douleur. Il n’est pas systématique.
2. À quel âge peut-on se faire poser une prothèse ? Est-ce possible chez les patients jeunes ?
Il n’existe pas de limite d’âge. La décision dépend surtout de l’impact des symptômes sur la qualité de vie et non de la date de naissance.
Chez les patients plus jeunes (40-60 ans, voire moins dans certains cas de nécrose de la tête fémorale, dysplasie ou arthrose secondaire), une prothèse peut être proposée lorsque les traitements conservateurs ont échoué. Les implants modernes offrent une bonne longévité, mais les patients jeunes et actifs présentent statistiquement un risque plus élevé de révision à long terme. La discussion bénéfice/risque est donc particulièrement importante.
Dans des situations particulières, des patients très jeunes, dès 18 ou 20 ans, peuvent être éligibles à une prothèse totale de hanche lorsque la hanche est gravement détruite par des séquelles d’arthrite septique de l’enfance, d’épiphysiolyse, d’ostéochondrite. Ces pathologies peuvent entraîner une destruction articulaire majeure responsable de douleurs invalidantes et d’une perte importante de mobilité. La décision est alors prise au cas par cas, en pesant soigneusement les bénéfices attendus et la perspective de révisions futures.
3. Quand opérer ? est-ce urgent ? Faut-il opérer « avant que l’os ne s’abîme davantage » ?
Pour l’arthrose dégénérative classique, non, l’opération n’est pas urgente. Il s’agit d’une chirurgie programmée.
On propose une prothèse lorsque les douleurs et la gêne fonctionnelle altèrent significativement la qualité de vie et que les traitements non chirurgicaux ont été correctement essayés pendant plusieurs mois.
Retarder l’intervention de quelques mois ne dégrade pas le résultat chirurgical final.
Il existe vraies urgences (fracture, infection, tumeur) qui sont rares mais font l’objet d’une prise en charge rapide.
4. Y a-t-il des alternatives à la prothèse totale de hanche ?
Oui, et elles doivent toujours être envisagées en premier.
Traitements conservateurs (recommandés en première intention) :
Perte de poids si nécessaire
Activité physique adaptée (vélo, natation, marche modérée)
Kinésithérapie et renforcement musculaire
Antalgiques (paracétamol en première intention)
Infiltrations intra-articulaires selon les cas
Chirurgies conservatrices (surtout chez les patients jeunes avec malformation) :
Ostéotomies pour corriger l’axe et reporter parfois la prothèse de 10 à 20 ans
Arthroscopie de hanche dans des indications très sélectionnées
La prothèse totale de hanche devient le traitement de référence lorsque l’arthrose est évoluée et que les alternatives ont échoué.
5. Suis-je éligible à la chirurgie ?
L’éligibilité repose sur plusieurs critères convergents :
Douleurs importantes et retentissement significatif sur le quotidien
Confirmation radiologique d’une arthrose avancée ou d’une autre pathologie
Concordance entre l'examen clinique et les radiographies
Échec des traitements conservateurs après une période raisonnable
Patient bien informé des risques et comorbidités optimisées (balance bénéfices/risques en faveur de l'opération)
La décision finale revient toujours aux patients et est toujours partagée lors d’une consultation dédiée.

En conclusion : une décision personnalisée
La pose d’une prothèse totale de hanche est l’une des interventions les plus efficaces en chirurgie orthopédique pour améliorer la mobilité et la qualité de vie. Mais elle n’est jamais automatique. Elle intervient lorsque les bénéfices attendus l’emportent sur les risques, après avoir épuisé les solutions conservatrices.
Chaque situation est unique. Pour toute évaluation personnalisée, je vous recommande de consulter un ou plusieurs chirurgiens orthopédistes spécialisés, afin de vous forger votre propre avis et choisir la prise en charge avec laquelle vous serez la plus en accord.
Cet article est à but informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un avis médical personnalisé. Seul un examen clinique et un entretien avec un chirurgien orthopédiste permettent une décision adaptée à votre situation.
Dr Guillaume RIGOULOT



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